ANSES (déc. 2025) : la plus grande évaluation française sur la vape — que dit-elle vraiment face à la cigarette ?

ANSES (déc. 2025) : la plus grande évaluation française sur la vape — que dit-elle vraiment face à la cigarette ?

En décembre 2025, l’ANSES a publié un avis + rapport d’expertise collective de grande ampleur (environ 720 pages) sur les risques sanitaires liés aux produits du vapotage, avec une comparaison explicite avec la cigarette fumée sur certains marqueurs d’exposition (notamment des aldéhydes présents dans l’aérosol).

L’objectif est clair : documenter les risques, identifier les substances préoccupantes, et cadrer l’usage de la vape dans une logique de réduction des risques, sans banalisation.


Ce que l’ANSES a évalué (et comment)

L’expertise combine deux approches complémentaires :

  1. Évaluation des effets sanitaires via une revue de la littérature (respiratoire, cardiovasculaire, cancérogenèse, grossesse/descendance).

  2. Évaluation quantitative des risques (EQRS) appliquée à des aldéhydes dans l’aérosol inhalé, avec caractérisation d’exposition et comparaison à la cigarette fumée sur ce périmètre.


Les conclusions clés (en langage simple)

1) La vape n’est pas “sans risque”

L’ANSES souligne que l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions de vapotage, et que leur inhalation présente un risque sanitaire.

2) Mais la gravité des effets est inférieure à celle du tabac fumé

L’ANSES rappelle que le tabac a des risques fermement établis (cancers, cardiovasculaire, respiratoire), et que pour la vape, la distinction “vape vs tabac” est complexe car une grande partie des vapoteurs sont fumeurs ou ex-fumeurs (usage dual fréquent).

3) Le rapport classe les niveaux de preuves : “probable” vs “possible”

Dans la synthèse reprise par Vie-publique, l’ANSES conclut notamment à :

  • survenue probable d’effets cardiovasculaires ;

  • survenue possible d’effets sur voies respiratoires, système cardiovasculaire et cancérogenèse (avec ou sans nicotine) ;

  • survenue possible d’effets sur le développement cardio-respiratoire du fœtus exposé in utero.


La comparaison avec la cigarette : ce que tu peux retenir

L’ANSES ne présente pas la vape comme “saine”. Elle la traite comme un produit à risques, mais différents de ceux du tabac fumé.

Point pivot : la combustion.
La cigarette classique génère un cocktail de toxiques lié à la combustion ; la vape, sans combustion, réduit fortement certains marqueurs… mais n’élimine pas les expositions (ex : aldéhydes selon conditions d’usage, puissance, échauffement, etc.).


Les recommandations ANSES : cadre d’usage (très important)

Éviter l’initiation (non-fumeurs / jeunes)

L’ANSES recommande d’écarter les actions susceptibles d’encourager l’initiation, de lutter contre la banalisation, et rappelle l’importance de l’interdiction de vente aux mineurs / promotion.

La vape comme option transitoire pour arrêter de fumer

L’ANSES indique que la cigarette électronique peut être envisagée comme option transitoire chez les personnes ayant des difficultés à arrêter de fumer, idéalement en usage exclusif dans une démarche de sevrage, avec appui des professionnels de santé.

Encadrer davantage les ingrédients / pratiques

L’ANSES soutient un encadrement renforcé des ingrédients (restrictions/interdictions selon risque), et insiste sur la responsabilité des fabricants et la nécessité d’informer sur les pratiques à risque.


Lecture SaBulle : ce que ça change concrètement pour le consommateur

  • Si tu es non-fumeur : le message ANSES est net → ne pas commencer.

  • Si tu es fumeur : la vape peut être une porte de sortie, mais l’objectif le plus protecteur est de sortir du tabac, puis idéalement de réduire/arrêter la nicotine ensuite (accompagnement recommandé).

  • Si tu es vapofumeur (usage dual) : c’est souvent le point qui brouille tout. L’intérêt “réduction des risques” est maximal quand on bascule vers un usage exclusif (selon ANSES).

  • Si tu cherches “le sans risque” : il n’existe pas. La bonne grille est : risques relatifs + usage + qualité des produits + pratiques.


En une phrase

L’ANSES ne “valide” pas la vape comme produit sain : elle documente des risques, rappelle la prudence, et cadre la vape comme outil transitoire de réduction des risques pour les fumeurs, tout en demandant un encadrement plus strict et une lutte claire contre l’initiation chez les jeunes/non-fumeurs.

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